Tribune Bilan CP Dédoublés - Députés LaREM

February 6, 2018

Donner plus à ceux qui en ont le plus besoin.

 

L’idée peut paraître simple, encore fallait-il oser cet acte de confiance dans notre jeunesse. Au cœur du rebond français, notre jeunesse attend de nous que nous lui transmettions les outils indispensables pour relever les défis du XXIe siècle.

 

Rien de solide ni de durable ne peut se faire sans la maîtrise, par tous les élèves, des savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter, respecter autrui). C’est pourquoi le Président de la République a fait de l’école primaire l’une des priorités du quinquennat. Attaquer l’échec scolaire à la racine est une nécessité si l’on veut lutter contre le poids des déterminismes. Cela passe par un volontarisme pédagogique et un soutien constant aux élèves les plus fragiles. C’est le sens du dédoublement des classes de CP en réseaux d’éducation prioritaire. Depuis le mois de septembre 2017, 332 classes de CP ont été dédoublées dans les réseaux d’éducation prioritaire des Bouches-du-Rhône (70% dédoublés en 2 classes de 12 élèves, 30% en dédoublant les enseignants qui co-interviennent dans une classe de 24 élèves). L’objectif affiché est de garantir la réussite de 100 % des élèves à l’école primaire. En effet, aujourd’hui, plus de 20 % des élèves sortent de l’école primaire sans savoir correctement lire, écrire ou compter et ces difficultés concernent particulièrement les enfants issus de milieux défavorisés.

 

Nous, députés LREM des Bouches-du-Rhône, avons chevillé au corps la volonté de garantir la réussite de tous nos enfants et de favoriser l’égalité des chances. Sensibles à cette mesure de bon sens mise en œuvre par le gouvernement à la rentrée scolaire 2017, nous avons souhaité en évaluer les effets et mesurer la pertinence d’animer une classe de 12 élèves pour favoriser les apprentissages de chacun. À la rencontre des enseignants, des élèves et de leurs parents, nous avons passé du temps auprès de ceux qui œuvrent chaque jour pour construire l’avenir de nos enfants et nous avons vu et entendu.

 

« Please, sit down ! ». C'est en anglais que la maîtresse invite ici les 13 élèves de sa classe à s'asseoir, alors qu'ils s'étaient levés comme un seul homme à l'entrée de la « dame de la cantine », venue faire l'appel quelques instants plus tôt. 13 élèves. La maîtresse insiste pour que l’on se rappelle que M., élève de la classe ULIS, intègre sa classe plusieurs fois par semaine, pour un temps « d’inclusion en milieu ordinaire ». Commence alors la leçon de mathématiques. F. manipule puis compte les wagons. Il en déduit que 6 est supérieur à 4, parce qu'ici dans cette classe de CP, on parle le langage mathématique. F. maîtrise le calcul alors il vient en aide à sa camarade J., allophone récemment arrivée de Syrie, avant qu'elle n'aille au tableau dessiner le schéma qui permettra à tous de visualiser que 6 est plus grand que 4. Pardon. Supérieur à 4. Cette école inclusive, attentive, bienveillante et respectueuse fait la fierté de la France ; elle en ferait presque oublier la vétusté intolérable de certains établissements que nous avons visités, malgré les efforts demandés à ceux qui en ont la charge.

 

"Dans cette école, nous avons choisi d’enseigner l’arithmétique grâce à une méthode pédagogique innovante, la méthode ACE qui repose sur le principe de la manipulation. C'est un protocole lourd mais très efficace que nous pouvons mettre en place parce que le groupe classe est réduit à 12 élèves. » Avoir le temps d’appliquer les méthodes d’apprentissage les mieux adaptés aux besoins des enfants, voilà l’un des premiers bénéfices du dispositif « CP dédoublés ». Innover dans les techniques pédagogiques est rendu possible par cette mesure et s’approcher au plus près des besoins de chacun avec un parcours d’apprentissage individualisé est une flexibilité que tous apprécient.

 

« Nous créons des groupes de besoin en fonction des acquis ou des difficultés rencontrées, ce qui nous permet d’accorder du temps à tous, à ceux qui réussissent et à ceux qui ont besoin de plus de temps pour réussir. Nous identifions les difficultés, les retards, les troubles éventuels plus tôt dans l’année. Les élèves moyens bénéficient d’une meilleure prise en charge dans un groupe de 12 : à 24 les plus à l’aise parviennent toujours à avancer seuls, les plus fragiles sont identifiés et accompagnés mais les élèves moyens étaient souvent ceux à qui on accordait le moins d’attention ; aujourd’hui nous avons du temps pour chacun ». Les troubles de l’apprentissage, qui pénalisent les enfants dans leur progression, sont détectés plus rapidement par les enseignants qui peuvent ainsi mettre en place des actions pédagogiques correctives et adapter le parcours de l’enfant. Il nous apparaît toutefois nécessaire que la formation des enseignants soit renforcée en matière de détection de ces troubles, et l’accompagnement des enfants par un personnel spécialisé, facilité avec une inclusion des compétences au sein de l’école. Trop d’enfants n’ont pas encore pu bénéficier notamment d’une prise en charge par un orthophoniste faute de disponibilités !

 

Ce qui frappe quand on observe une classe dédoublée, quelle que soit la modalité, c’est d’abord le calme qui règne dans la pièce. L’ambiance est à la concentration, au respect et à l’écoute de l’autre. L’environnement est propice à favoriser la prise de parole de chacun et développer l’oral, compétence parfois négligée et pourtant indispensable pour aider les élèves à maîtriser le langage, à exprimer leurs idées, et à dialoguer. Mieux s’exprimer, pour mieux préciser sa pensée, pour mieux vivre ensemble.

 

Pour garantir la réussite des enfants, l’école doit se construire avec la participation des parents, quelle que soit leur origine sociale. Il reste beaucoup à faire pour conforter une véritable relation de confiance et créer un sentiment d’estime partagé entre les enseignants et les parents. Le dédoublement des classes de CP apparaît comme un facteur de rapprochement intéressant. Deux fois moins d’élèves par enseignant, c’est deux fois plus de temps accordé aussi aux parents pour les impliquer dans la scolarité de leurs enfants. C’est du temps pour remettre individuellement le Livret Scolaire Unique de l’élève chaque trimestre et détailler les attentes de l’enseignant, les progrès accomplis et les apprentissages à renforcer, en collaboration avec la famille.

 

À la rentrée 2018 seront dédoublées, pour prolonger le processus enclenché, les classes de CE1 en REP+. Pour des raisons évidentes d’espace scolaire disponible, le dédoublement physique des classes ne sera pas envisageable dans de nombreuses écoles, augmentant ainsi la part de dédoublement en co-intervention. Département pilote du dispositif Plus de Maître que de Classe (PARE), les Bouches-du-Rhône ont permis aux enseignants de développer une certaine expérience et appétence pour le co-enseignement.

 

Certains que nous avons pu interroger revendiquent même leur préférence pour ce système, mettant en avant la plus grande efficacité d’un binôme pour repérer, diagnostiquer, et appliquer une pédagogie différenciée. D’autres font valoir leur complémentarité et l’enrichissement mutuel suscité par ce travail en équipe. Enseigner à deux rend plus forts, plus forts pour surmonter les difficultés des élèves, plus forts pour développer une relation collaborative avec les parents.

 

S’il est encore trop tôt pour mesurer concrètement le niveau d’apprentissage des élèves à cette période de l’année – ce qui fera l’objet d’une prochaine étape de ce bilan – il est déjà notable pour les enseignants interrogés que la progression des enfants sur une période comparable est plus rapide, plus solide, plus facile. 3800 postes d’enseignants seront créés dans le premier degré à la rentrée prochaine pour consolider cette mesure efficace. L’affectation à ce dispositif de professeurs expérimentés, revalorisés, mieux formés et stabilisés dans leur poste sera poursuivie et renforcée. Nous y veillerons.

 

Si le chemin qui mène à l’école de la confiance est encore long, le dédoublement des classes de CP montre, 4 mois après sa mise en œuvre, des résultats prometteurs.

 

C’est le signe tant attendu d’un renouveau.

 

Merci pour la richesse de nos échanges, aux équipes des écoles : Kléber 3ème arrondissement Marseille / Vigneault 4ème arrondissement Marseille / Saint-Jérôme Les Lilas 13ème arrondissement Marseille / Saint-Just Corot 13ème arrondissement Marseille / Malpassé les Lauriers 13ème arrondissement Marseille / Canet Larousse 14ème arrondissement Marseille / Aygalades 15ème arrondissement Marseille.

 

 

Mme Claire PITOLLAT - Députée des Bouches-du-Rhône 2ème Circonscription

Mme Alexandra LOUIS - Députée des Bouches-du-Rhône 3ème Circonscription

Mme Cathy RACON-BOUZON - Députée des Bouches-du-Rhône 5ème Circonscription

M Saïd AMAHADA - Députée des Bouches-du-Rhône 7ème Circonscription

M Jean-Marc ZULESI - Députée des Bouches-du-Rhône85ème Circonscription

M François-Michel LAMBERT - Députée des Bouches-du-Rhône 10ème Circonscription

M Mohamed LAQHILA - Députée des Bouches-du-Rhône 11ème Circonscription

Mme Anne-Laurence PETEL - Députée des Bouches-du-Rhône 14ème Circonscription

Mme Monica MICHEL - Députée des Bouches-du-Rhône 16ème Circonscription.

 

 

 

 

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